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 JACQUES COEUR DE BOURGES
 
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 Le XIV e et le XV e siècle, c'est l'apogée de Bourges, une période qui fait de la ville, la capitale du royaume de France. Les noms qui font alors la renommée de la ville sont parmi les plus illustres de l'Histoire de France. C'est Jean de Berry, le duc mécène, ami des artistes, mais c'est aussi Charles VII, devenu par la force des choses, " le petit roi des Bourges ", à ses côtés de fabuleux personnages comme Jeanne d'Arc, mais aussi dans un autre registre, Jacques Coeur et aussi la dame de Beauté Agnès Sorel. C'est à Bourges que va naître le dauphin, le futur roi Louis XI….

Avec sa cathédrale, puis le Palais du duc Jean de Berry, et la Sainte Chapelle, avant le Palais de monseigneur l'Argentier Jacques Cœur, c'est une ville somptueuse de 30 000 habitants

 

Quelques repères :

Jean II le Bon ( 1319 - 1364) est roi de France, c'est lui qui est battu à Poitiers en 1356, et fait prisonnier, il meurt à Londres en 1364.

Charles V le Sage, né à Vincennes en 1338, il meurt à Nogent en 1380, il est le fils aîné de Jean le Bon, et donc frère du duc Jean de Berry.

Charles VI le Fol, il est né à Paris en 1368, devint roi en 1380, et meurt en 1422, il va régner 42 ans… pour un roi fou, ce n'est pas mal.

Charles VII le Victorieux (ou le Bien Servi), il est né en 1403 à paris il est le fils de Charles VI le roi fou et d'Isabeau de Bavière. Il est reconnu roi par certains en 1422, mais se fait sacrer à Reims en 1429, avec Jeanne d'Arc. Il meurt à Mehun du Yèvre en 1461, il a régner lui aussi près de 40 ans, c'est " le petit roi de Bourges ".

Louis XI, le fils détesté de Charles VII est né à Bourges en 1423, et il meurt en 1483, après un règne de 22 ans puisqu'il a été roi à la mort de son père en 1461.

Charles VIII, dit parfois l'affable, a peu régné une15 ans de 1483 à 1498, il était né à Amboise en 1470, il eut pour épouse Anne de Bretagne.

Louis XII, le Père du Peuple, est né à Blois en 1462, il meurt à Paris en…. 1515 !

 

Les fastes du duc Jean de Berry à Bourges

Tout commence donc avec l'apanage qui est donné au troisième fils de Jean le Bon, c'est en 1361 et c'est le duc Jean de Berry né en 1340 qui prend possession de " ses terres ".

C'est le début d'une période faste avec le duc qui est un ami des arts, on lui doit les livres d'enluminure dont " les Très Riches Heures " par les frères de Limbourg, des constructions comme le palais de Bourges encore visible et la Sainte Chapelle aujourd'hui détruite, mais c'est le constructeur du château de Mehun sur Yèvre, une merveille parmi les merveilles.

Avec le duc de Berry commence la grande période de Bourges, ce duc est à l'égal d'un roi, et sa cour est tout simplement fastueuse. Il y entraîne le futur Charles VI son neveu, fils de Charles V le frère du duc de Berry.

En 1380, Charles V meurt et laisse le trône à son fils Charles VI.

Charles VI ne va pas laisser une grande image de roi dans la population, c'est même l'inverse. En effet, c'est ce roi qui devient malade et " fou " à partir de 1392. C'est lui aussi qui a failli brûler dans un déguisement de poix et de plume, lors du bal appelé " bal des Ardents ".

Pourtant ce roi Charles VI va régner de 1380 à 1418, c'est à dire pendant une petite quarantaine d'années.

 

Le grand personnage du moment est donc le duc Jean de Berry. C'est un mécène très généreux, il commande beaucoup aux artistes, dans tous les domaines, et c'est une réussite considérable. Les sculpteurs, verriers, graveurs, enlumineurs et autres constructeurs sont à Bourges et en Berry, et ils oeuvrent. Rarement, l'Occident s'est trouvé dans une si courte période aussi fécond dans le milieu de l'art.
Seule ombre au tableau : le financement. Il ne semble pas que le duc Jean de Berry, pour construire son palais de Bourges ou commander son tombeau visible en partie dans la crypte de la cathédrale de Bourges ait " fait dans la dentelle ". L'argent, il le trouvait … et tous les moyens licites et illicites étaient utilisés. C'est vrai que c'était l'époque qui voulait cela, mais il allait sans doute un peu loin, ce bon duc.

A Bourges et en Berry, le duc va créer des structures administratives très efficaces, comme ce qui touche à la justice et aux finances de son duché.
En 1379, le duc Jean constitue une chambre des comptes.

La ville de Bourges rayonne, et les spécialistes affirment que la cité comprend près de 30 000 habitants, du jamais vu jusqu'alors. Bourges qui sera à partir de 1418, un peu la capitale du royaume en est la troisième ville juste dépassé en nombre d'habitants par Paris et Beauvais.

Jean de Berry s'affirme comme un grand constructeur, certains affirment que ce ne sont pas moins de 17 châteaux, palais et autres demeures importantes qu'il fait édifier. Il n'en reste pas grand chose aujourd'hui. On connaît par exemple Poitiers, Lusignan, Riom ou Gien … et surtout Mehun sur Yèvre, à une quinzaine de kilomètres de Bourges, sur la rivière l'Yèvre.

Le palais ducal de Bourges dans lequel se trouve aujourd'hui des services du Conseil général du cher fut construit vers 1375, et jouxtant ce très grand palais dont il ne reste qu'un tiers environ encore visible, il fait édifier " la merveille des merveilles : la Sainte Chapelle ". C'est sans doute le plus bel édifice, avec la cathédrale jamais construit à Bourges.

La Sainte Chapelle date de 1405, le duc est âgé et il veut en faire le lieu de sa dernière demeure, et pour cela il demande à ses " artistes ", un tombeau qui sera en marbre blanc avec le gisant du duc, et 40 pleurants en marbre et en albâtre.

Jean de Berry, est un homme de passions, mais pas de pouvoir. Il aurait pu, compte tenu de la situation mentale de son neveu, Charles VI, accaparer le pouvoir royal, ce qu'il ne fit pas. Il laissa même gouverner dans certains moments délicats, son frère, Philippe le Hardi, qui était le duc de Bourgogne.

Homme de passion et de fidélité, après le traité de Brétigny, en 1360, il fut prisonnier dans la Tour de Londres, il avait 20 ans et resta 2 ans dans cette geôle, alors que son épouse Jeanne d'Armagnac l'attendait en Berry. Et lorsque son père Jean le Bon retourna en prison dans la Tour de Londres, parce que son petit frère s'était enfui, Jean de Berry accompagna son père et demeura encore 3 ans prisonnier.

Les passions de Jean, c'est l'art sous toutes ses formes, et aussi, la nature et par exemple, il aimait courir la campagne, faire des chasses, et pour cela il possédait une meute de près de 1500 chiens…. D'ailleurs, dans ce domaines, il est presque l'inventeur des zoo et autres parcs animaliers. A Mehun, il élevait toutes sortes d'animaux plus ou moins tropicaux, comme des ours, son animal fétiche avec le cygne, mais aussi des autruches et une girafe !

Parmi les autres passions du duc, il faut signaler les jeunes femmes, et s'il n'était sans doute pas plus volage que les nobles de cette époque, ses mariages avec des gamines à un age avancé a fait beaucoup jaser dans la rue du vieux Poirier à Bourges.

 

Guerre et crimes au royaume de France

Cette période du début du XV e siècle n'est pas des plus tranquilles. Signalons, toutefois la naissance sans doute en 1400 d'un petit Jacques au foyer de M et Mme Cuers ( aujourd'hui orthographié Cœur) qui habitaient dans la rue de Parrerie, en bordure de l'Yèvrette, où papa Cuers exerçait la profession de pelletier, et il commerçait de belle façon avec la cour du duc Jean de Berry.

A la même époque, c'est à dire en 1403 va naître à Paris le fils de Charles VI et d'Isabeau de Bavière, le futur Charles VII.

Mais les instants de bonheur à Bourges ou à Paris étaient assez courts, et un jour de novembre 1407, c'étais le 23, Louis d'Orléans fut assassiné par le tout nouveau duc de Bourgogne que l'on commençait à appeler Jean " Sans Peur ", sa tour à Paris, dans le quartier du marais se visite toujours. Louis d'Orléans était le frère cadet de 4 ans du roi en place et le neveu du duc Jean de Berry.

Et cette mort de Louis d'Orléans a des conséquences sur l'ensemble du royaume puisque cela va amener une guerre civile que nos manuels d'histoire ont appelé, la " guerre des Armagnacs contre les Bourguignons ".
Le duc Jean de Berry qui n'était pas un homme de guerre, est particulièrement fâché et il consent au mois de mai 1412 à lever son étendard aux côtés de Bernard d'Armagnac son gendre afin de venger son neveu assassiné. D'où le nom de clan des Armagnacs qui devient une ligue et … fait appel aux anglais.

Mais comme rien n'est simple, en face du Duc Jean se trouve bien entendu le duc de Bourgogne mais aussi le roi lui-même Charles VI, une affaire de famille cette guerre qui a Bourges comme centre des combats.

En effet, le 11 juin 1412, Charles VI vient mettre le siège devant Bourges avec ses amis Bourguignons alors que la ville est défendue par le duc Jean et son gendre Armagnac. Avec une bombarde genre " grosse Bertha ", les troupes de Charles VI se font un plaisir de briser les murailles et fissurer les monuments de la ville… jusqu'à ce que la maladie soit la plus forte. Car des deux côtés, c'est la dysenterie qui mit d'accord les deux armées.

L'archevêque de Bourges voulu hâter la fin du siège avant que la dysenterie ait eu raison des deux armées, et il entama des négociations et ce fut ainsi que Guillaume de Boisratier va réunir autour d'une table, le duc Jean de Berry et son neveu Jean sans Peur, qui était donc le fils de son frère Philippe le Hardy.
Le résultat fut triste pour le duc de Berry qui dû " faire amende honorable " devant l'assassin de son autre neveu Louis qui était lui aussi son neveu Jean sans Peur…. Drôle de famille. Et c'est ainsi que se termina cette première phase de la guerre civile par " la paix de Bourges " signée le 15 juillet 1412.

 

La fin du duc Jean de Berry

Cet épisode de la prise de Bourges fut très mal ressenti par le vieux duc, et les soucis financiers s'accumulèrent. Il du en effet, payer les troupes anglaises qu'il avait fait venir pour le soutenir dans la guerre, et il doit faire " les fonds de tiroir " et laisser partir sa fortune.

On dit que c'est un homme ruiné, malade, et démoralisé qui s'en va de Bourges pour rejoindre Paris et son Hôtel de Nesle où il meurt le 15 juin 1416. Il avait tout de même 76 ans, ce qui n'est pas mal pour l'époque.

Son épouse, Jeanne de Boulogne qu'il avait épousé en seconde noce était plus jeune de 36 ans….
Ses funérailles seront grandioses, son corps est ramené à Bourges et ce sont près de 200 messes qui sont dites à la Sainte Chapelle où il repose dans un tombeau somptueux.

 

Jean de Berry mort, arrive le futur Charles VII à Bourges

Jean de Berry meurt en 1416, mais les difficultés du pays n'en sont qu'à leur début. Le troisième fils de Charles VI, le roi fou, le futur " petit roi de Bourges " reçoit en 1417 l'apanage de la province du Berry, après la mort de Jean de Berry son petit neveu,

Les deux aînés de Charles VI, Jean et Louis meurent et Charles se retrouve avec beaucoup de chance l'héritier du trône de France. Mais il se trouve à paris, la ville est tenue par les Bourguignons qui n'ont aucune envie de voir ce Charles succéder à son père. Il est pratiquement prisonnier, et c'est avec l'aide de Yolande d'Anjou qu'il va réussir à fuir, car il sent que l'étau se referme et que les Bourguignons vont lui faire un triste sort.
Alors pour ne pas se retrouver jeté à la Seine dans un sac de toile bien cousu, c'était la mode à l'époque , il accepte de fuir la capitale et il se réfugie … à Bourges.
A Bourges, le jeune Charles devient le régent, où plutôt se proclame régent le 26 octobre 1418. Il a contre lui, les Bourguignons, les parisiens, sa mère Isabeau de Bavière…. Qui s'est aussi proclamée régente. Il a 15 ans, et peu dans le royaume croient en son avenir. Pourtant Bourges l'accueille bien et il en conservera toujours un excellent souvenir de cette période qui le façonne.

 

Et la guerre fratricide continue

Tout ne va pas pour le mieux car l'assassinat de Louis d'Orléans a une suite, et en 1419, alors que les deux camps ennemis semblent se rapprocher, c'est un nouveau drame.
Jean sans Peur, l'assassin de Louis d'Orléans est à son tour trucidé par " la bande à Charles ", c'est au pont de Montereau que se produit le crime réalisé par Tanneguy du Chatel, un des hommes de Charles, et bien entendu, c'est ce pauvre Charles qui est accusé d'avoir assassiné son cousin.

Il est aussitôt déshérité par sa maman, Isabeau de Bavière qui lui en veut beaucoup et qui proclame à tout vent que ce fils est un bâtard, ce qui va affecter pendant plusieurs années le jeune Charles de plus en plus recroquevillé sur lui-même.

Et Isabeau qui reste à Paris, alors que son régent de fiston est toujours à Bourges ou en Berry, offre la couronne du royaume de France à Henry V de Lancastre, le roi d'Angleterre.

Charles dans ces années, file un mauvais coton, comme l'on dit en Berry. Il est de plus en plus complexé par cette rumeur sur sa " batardise ", et il se terre dans le palais ducal de Bourges ou dans le château de Mehun sur Yèvre.

Un moment de joie semble-t-il dans cette période " pourrie ", il épouse le 22 avril 1422, sa copine de jeu, Marie d'Anjou dont Chastelain fera un portrait peu amène, disant " qu'elle avait un visage à faire peur aux Anglais même ".

Marie d'Anjou, fille de Yolande d'Anjou, sera une reine effacée, elle " fera dans la prière, le rouet… et les enfants ". Charles lui fera 14 enfants en 23 ans.

C'est sans doute à cette époque à deux ou trois ans près que Jacques Cœur, fils de commerçant aisé, va épousé lui aussi sa voisine de la maison d'en face, Macée de Léoddepart, fille d'un notable de la ville de Bourges. Et c'est sans aucun doute son beau père qui va mettre le pied à l'étrier des affaires à son gendre.

La guerre continue, et Charles le régent se sent à l'étroit dans son Berry. Aussi, avec l'aide des écossais de Jean Stuart, il tente de reprendre quelques villes comme La Charité ou Cosne.

 

Et puis tout arrive, puisque le 22 octobre 1422, le roi fou, Charles VI meurt, et après avoir convoqué les Etats Généraux des provinces à Bourges, son fils Charles est proclamé roi de France, en tout cas par ceux qui étaient venus en Berry et qui ne représentaient pas la majorité. Car au m^me instant à Paris se déroulait une autre cérémonie qui proclamait roi de France … et d'Angleterre, le fils de Catherine et de Henri V de Lancastre, qui s'appelait lui aussi Henri.
La France avait 2 rois, Charles VII et Henri VI. Il y en avait un de trop semble-t-il. Charles VII était un roi français mais il n'avait autour de lui à Bourges qu'une poignée de fidèles, et il était devenue par dérision " le petit roi de Bourges ", et à paris, dans une ville où sévissait la famine et dans laquelle pénétraient les loups, un roi qui était reconnu par la majorité des " grands " du royaume, mais ce roi était anglais, et cela allait poser quelque problème.

 

Charles VII, roi berrichon et tourangeau

On raconte que le roi Charles VII avait peur de tout, et il avait sans doute un peu raison. Lors d'un voyage, alors qu'il était dans une grande pièce, le plancher s'effondra et il en réchappa par miracle.
Alors, il revint à Bourges et resta dans cette ville protectrice le maximum de son temps. De 1422 à 1437, c'est à dire pendant 15 ans, il fit de Bourges sa capitale pais surtout son point d'attache.
Progressivement, il mit en place une véritable cour, même s'il vivait à crédit et que cette cour était quelque peu piteuse…. C'est le chapitre de la cathédrale qui réglait certaines dépenses, la rumeur affirmait que le poisson à Carême venait des chanoines….

Et puis le 3 juillet 1423, c'est la joie au palais de l'archevêque de Bourges en face de la cathédrale Saint Etienne. Le palais royal étant alors en réparation, c'est dans ce palais archiépiscopal que logeait alors le roi et la reine, et cette dernière mit au monde un garçon que l'on prénomma Louis, c'était le premier enfant du couple, et ce sera le futur Louis XI. En regardant les premiers instants de vie de ce nouveau né, Charles VII n'imaginait pas que ce bébé, une fois grand serait son ennemi le plus redoutable !

Louis fut aussitôt baptisé dans la cathédrale de Bourges et son parrain fut le duc d'Alençon.

Le roi ne pouvait jamais partir très longtemps, lorsqu'il quittait Bourges, c'était pour revenir rapidement, car une catastrophe s'était produite.
Ainsi, avec un entourage turbulent, ne sachant pas choisir ses " vrais amis ", le roi n'était pas au mieux de sa forme, l'épisode d'un de ses favoris, le sire de Giac qui fut jeté dans l'Auron, dans un sac cousu, et en mourut est symptomatique du climat de l'époque.

Lorsqu'il était à Poitiers, c'était en 1428, le connétable de Richemont qui avait un temps aidé Charles VII, sentait que ce dernier était en difficulté, il prit Bourges et la Grosse Tour, et lorsque Charles VII revint du Poitou, la ville n'était plus à lui. Il s'arrêta dans les faubourgs du Château, aujourd'hui, vers la route de Dun, et négocia pour qu'on lui rendit sa ville…. Ce qui fut fait. ( à confirmer)

Et vint Jeanne d'Arc

Alors que le jeune Jacques Cœur, il a moins de 30 ans frappe monnaie avec deux associés, du côté de la Place Gordaine, il va avoir quelques problèmes en frappant de la monnaie à un titre un peu trop bas par rapport à la loi.
Il aura de la chance puisque le roi qui aurait pu l'envoyer aux galères va finalement le laisser libre. Mais il traverse sans doute une période difficile.

En septembre 1427 le roi Charles VII veut desserrer son petit royaume de Bourges et il reprend l'initiative en étant victorieux à Montargis sur les Bourguignons et signe une trêve avec le duc de Bourgogne.

Mais les anglais sont très présents dans cette guerre dite de " 100 ans ", et ils se maintiennent au nord de la Loire, mais ne rêvent que de conquérir Bourges et le Berry. Le roi Charles cherche une solution, et pour cela à l'automne 1427, il réunit les Etats généraux à Chinon afin de délivrer des villes comme Orléans, Beaugency, Jargeau, Meung sur Loire … toutes ces villes sont plus ou moins assiégées par les anglais.

La guerre fait rage sur les bords de Loire, ainsi se déroule la célèbre bataille du 12 février 1429 appelée " des harengs ", les français tentent de délivrer et d'approvisionner Orléans, ils sont défaits par un célèbre anglais, bien connu par Falstaff.

Et puis c'est 6 mars 1429 ce jour connu par tous les enfants de France, voit l'arrivée d'une très jeune fille, ayant pour nom Jeanne d'Arc dite, la " pucelle ". Elle rencontre Charles VII à Chinon et après une entrevue bien mystérieuse, entre le roi et Jeanne, elle réussit à le " regonfler " et elle obtient qu'il s'engage à bouter " l'anglois " hors de France. C'est ce qui sera fait quelques mois plus tard.
Que peut dire l'Histoire sur cette conversation ? Il semble que la jeune fille mue par Dieu ou une psychologie de haut niveau ait réussit à redonner confiance à ce roi faible et malingre. Qu'à pu lui dire Jeanne ? Sans doute a-elle affirmé que les voix de Dieu qu'elle avait entendu à Domrémy lui avaient dit que le roi était bien légitime et le fils de son père le roi et non le bâtard que sa mère évoquait…..

Et puis c'est une des pages les plus connues de l'Histoire, avec l'épopée de Jeanne d'Arc en Val de Loire, et à Bourges. Car ce qui est moins connu, c'est la présence très longue de Jeanne d'Arc à Bourges, elle y vint à plusieurs reprises.

Le 8 mai 1429 la ville d'Orléans est délivrée par Jeanne et ses compagnons : Etienne de Vignolles dit La Hire, le Bâtard d'Orléans (comte Dunois), Gilles de Rais, Poton de Xaintrailles ou Saintrailles, le duc d'Alençon et bien d'autres….

Et sur la lancée d'Orléans, juste avant l'été, en juin 1429 ce sont les villes de Jargeau, Meung sur Loire et Beaugency qui sont aussi délivrées. Jeanne d'Arc est en train de gagner son pari, et elle entraîne Charles dans la victoire.

 

 

 

Jeanne poursuit ses combats et elle gagne, c'est ainsi que se déroule un 18 juin 1429 la bataille de Patay, c'est une victoire décisive en rase campagne du camp de Charles VII et des Armagnac. L'effet Jeanne la Pucelle se poursuit et dynamise les armées qui lui reconnaissent un pouvoir divin.17 juillet 1429 Jeanne conduit Charles à Reims pour le faire sacrer roi de France. Son armée a franchi la Loire sans être inquiétée par les Anglo - Bourguignons. Pour être reconnu roi de France, Charles doit recevoir l'onction avec l'huile de la sainte ampoule en la cathédrale de Reims, c'est la coutume pour tous les rois de France.
23 mai 1430 Jeanne est faite prisonnière à Compiègne par les hommes de Jean du Luxembourg, allié du duc de Bourgogne. Il la vend aux anglais qui la conduisent à Rouen, où elle sera jugée pour hérésie et sorcellerie par l'évêque Pierre Cauchon.
30 mai 1431 Jeanne est brûlée vive sur la place du Marché de Rouen. Charles n'a rien fait pour la secourir, mais le pouvait-il ? Seuls Gilles de Rais et peut-être la Hire ont essayé de la libérer, sans succès.
6 décembre 1431 Charles signe une trêve de 6 ans avec le duc de Bourgogne.
21 septembre 1435 Charles signe un traité de paix séparé avec le duc de Bourgogne.
Fin 1435-1437C'est le début de la reconquête car les Anglais sont seuls et l'entretien de leurs troupes coûte cher. Charles reprend diverses villes (Dieppe, Pontoise, Meulan, Paris….)
12 novembre 1437 Charles VII rentre dans Paris. Sa présence au sud de la Loire (Chinon, Bourges, Mehun sur Yèvre….) n'aura duré que 19 ans.
1437-1440 Les princes français se rebellent ainsi que le Dauphin Louis (futur Louis XI), c'est l'épisode de la Praguerie. Louis trouve refuge dans son Dauphiné et ne revoit pas son père jusqu'à sa mort en 1461. Louis trouve que le règne de son père est trop long, il a hâte de prendre sa place, il s'appuie notamment sur l'aide des ennemis d'hier, les Bourguignons. Louis devra encore attendre plus de 20 ans.
28 mai 1444 Une trêve est signée avec les Anglais qui se sentent en mauvaise posture.
fin 1444 Agnès Sorel " damoiselle de beauté " entre au service de la reine Marie, Charles la remarque, elle devient très rapidement sa favorite et sera mère plusieurs fois des œuvres du Roi.
A partir de 1445 La reconquête est spectaculaire : 28/2 Metz, 10/11 Rouen. Jacques Cœur qui a été anobli, entre dans Rouen à cheval au coté du roi Charles.

Début de la guerre des deux roses en Angleterre, York (rose rouge) contre Lancastre (rose blanche) tenant la couronne anglaise. Les anglais ont assez à faire avec leur guerre civile et négligent leurs troupes sur le sol Français, ce qui fera l'affaire du roi Charles.
9 février 1450 Mort d'Agnès Sorel d'un " flux de ventre " ou de couches difficiles.
15 avril 1450 Bataille de Formigny (Calvados) : les Anglais sont battus, la victoire française est nette et réelle. Les troupes anglaises quittent définitivement la Normandie.
31 juillet 1450 Jacques Cœur est arrêté sur ordre du roi, il est soupçonné d'empoisonnement sur Agnès Sorel et de pratiquer l'alchimie. Charles le fait emprisonner à Poitiers et soumettre à la question, puis juger par le procureur de roi Jean Dauvet. Ce dernier fera un inventaire minutieux de ses biens, qui seront confisqués au profit du trésor royal, cet inventaire existe toujours.
23 mai 1453 Jacques Cœur est condamné à mort.
17 juillet 1453 Bataille de Castillon (Gironde), les Anglais sont très nettement battus, leurs troupes quittent la Guyenne où ils était présents depuis 300ans (se souvenir du mariage d'Aliénor, duchesse d'aquitaine, avec le roi Henri II " Plantagenêt " d'Angleterre au XII ème siècle). Ils ne possèdent plus que Calais en France.C'est la fin de la Guerre dite de " cent ans "
Fin octobre 1454 Jacques Cœur s'évade, rejoint la Provence à Beaucaire puis Rome, tout cela grâce à des complicités et notamment celle de Jean de Villages son neveu.
25 novembre 1456 Mort de Jacques Cœur dans l'île de Chio
1456-1457 Annexion du Dauphiné, Louis se réfugie en Bourgogne pour échapper à son père qui occupe le Dauphiné.
Décembre 1457 Charles VII est malade, il a une tumeur à la jambe.
1461 Une dent lui est arrachée, l'infection s'installe.
22 juillet 1461 Charles VII meurt à Mehun sur Yèvre, il a régné pendant près de 40 ans. Son fils Louis lui succède sous le nom de Louis le 11ème.
7 août 1461 Charles VII est inhumé dans la basilique Saint Denis


Quelques expressions d'aujourd'hui venues du Moyen Age :

- Avoir la poisse : c'était simplement la poix qui étant jentée du haut des châteaux forts contre l'ennemi.

- Machicouli = mâcher le cou ou le col.

- Trié sur le volet = il s'agissait des bottes qui étaient mises sur un volet à l'entrée de l'auberge et que l'on triait pour les retrouver.

- Le travail au noir = les tisserands (de Lyon par exemple) ne devaient pas travailler la nuit, et lorsqu'ils le faisaient, ils étaient dans le noir.

 

 A SUIVRE

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